15 stratégies pédagogiques

Wiston Churchill : "Que la stratégie soit belle est un fait, mais n'oubliez pas de regarder le résultat"

D'après Stéphane Salama, enseignant en Eco-Gestion et formateur académique à Lille, 15 stratégies pédagogiques peuvent être mises en place pour permettre une meilleure attention en classe, améliorer significativement la mémorisation, faciliter la compréhension et augmenter l'engagement des élèves en classe comme à la maison.

Ci-dessous, je vais vous lister les 15 stratégies définies par Stéphane Salama et je vais ensuite vous proposer des exemples opérationnels de ce que je fais ou de ce qui peut être fait en classe au quotidien pour mettre en place ces stratégies.

15 stratégies pédagogiques : définitions et exemples

  • Expliquer-informer : Expliquer comment fonctionne l'attention, la mémoire et comment la favoriser afin de mieux suivre et comprendre un cours.

Exemple opérationnel : Possibilité de faire des modules sur les neurosciences et la mémorisation (comment fonctionne les synapses et la réactivation) ainsi que des travaux pour améliorer la mémorisation (palais de la mémoire, mémoire des muscles, acronyme, flashcards, méthode mnémotechnique).

  • Respirer et se calmer : En début et fin de séance, exercices de respiration pour faciliter la concentration, l'apaisement.

Exemple opérationnel : Vous pouvez trouver sur internet et sur Youtube pléthore d'articles ou de vidéos expliquant comment bien respirer et quels exercices sont les plus efficaces.

  • Double modalité : Présenter son cours de façon auditive et visuelle en projetant des informations tout en les expliquant oralement.

Exemple opérationnel : Nous utilisons souvent un diaporama projeté que nous commentons, il est aussi envisageable de visionner de courtes vidéos (son + image) ou d'ajouter des sons dans une présentation afin d’attirer l'attention des élèves. Par exemple, si dans votre diaporama vous mettez un roulement de tambour de quelques secondes avant de projeter une définition cela va favoriser la concentration des élèves pour lire et écouter ensuite la notion transmise.

  • Découper une tâche : Utiliser le modèle PIM de Jean-Philippe Lachaux, à savoir, "Perception de ce qui est important à regarder, écouter ou faire ; l’Intention c’est comprendre pourquoi réaliser cette tâche, la Manière d’agir c’est savoir comment procéder pour effectuer le travail"

Exemple opérationnel : Il peut être intéressant en fonction du profil des élèves de leur demander de souligner les verbes d'action et de surligner les conjonctions de coordination afin d'analyser ce qu'ils doivent faire et si il y a une ou plusieurs consignes dans la question posée. Cela leur permet rapidement de découper la tâche et de se mettre au travail en sachant précisément les modalités de réalisation attendues.

  • Tester-questionner : Il est important d'interroger, de questionner les élèves individuellement ou collectivement à l'aide d'outils numériques ou de façon plus traditionnelle oralement ou sur papier. Il existe des outils comme Plickers ou Kahoot qui sont ludiques et très simples d’utilisation pour le professeur comme pour les élèves.

Exemple opérationnel (précisions sur les outils donnés ci-dessus et ajout d'autres outils intéressants) : Plickers nécessite un ordinateur, une tablette ou un smartphone pour le professeur afin de projeter les questions, les élèves auront une feuille pour répondre aux questions. Kahoot, Socratives, Google Forms et Microsoft Forms eux sont entièrement numérique pour le professeur comme pour les élèves, les deux premiers sont plus ludiques pour une évaluation formative, les deux suivants permettent une évaluation sommative. Si vous n'avez pas accès en classe à un poste informatique, d'autres outils proposent de créer des QCM et de les imprimer comme Wordwall, vous pourrez ensuite les distribuer et les faire remplir par vos élèves. Enfin, il est possible de faire des évaluations diagnostiques en créant des nuages de mot directement sur un tableau blanc (mettre un mot au centre du tableau et chaque élève doit venir ajouter un mot autour de ce dernier) ou en utilisant Wooclap qui permet de projeter en temps réel le nuage de mot qui est le résultat des réponses données en ligne sur cet outil par les élèves.

Pour retrouver Kahoot, Socratives et Google/Microsoft Forms, c'est ici !

Pour retrouver Wooclap et Wordwall, c'est ici !

  • Fiche de mémorisation : Création d'un tableau en fin de séance avec une colonne pour les questions sur les notions traversées et une colonne pour les réponses, cela favorisera la révision et permettra aux élèves de s’entraîner en binôme en vue d'une évaluation sommative par exemple.

Exemple opérationnel : Il est aussi envisageable de poser tout simplement en fin de séance des questions sur les notions traversées et les réactiver au début de la séance suivante de façon orale ou sous forme de petit QCM (Kahoot ou Socratives sont très utiles pour cela).

  • Planning de réactivation : Prévoir la réactivation des notions traversées sous forme de révisions. Il est conseillé de revoir chaque notion 3 fois pour qu'elle puisse être assimilée et "rangée" dans la mémoire à long terme.

Exemple opérationnel : En lycée professionnel nous utilisons souvent les réactivations sous forme spiralaire. Nous allons aborder une notion sans complexité tout d'abord puis durant l'année ou durant les trois ans du baccalauréat professionnel, nous retrouverons cette même notion avec des complexités et des aléas supplémentaires. L'enjeu est double, tout d'abord cela réactive la mémoire et permet de consolider le savoir mais cela permet aussi de graduer les difficultés, de les lisser dans le temps.

  • Cartes mémoires ou flashcards : Pour favoriser les révisions, il est possible de créer des cartes mémoires avec la question au recto de la carte et la réponse au verso. Ces questions/réponses peuvent être simplement inscrites sur une feuille de papier ou créées sur des outils numériques spécifiques comme Quizlet, Quizizz, Anki.

Exemple opérationnel : Cette méthode est intéressante et efficace. Elle peut être combinée avec de la gamification/ludification en créant par exemple un jeu où il est nécessaire de répondre à des questions pour avancer dans ce dernier. Cela permet d'apprendre, de réviser tout en s'amusant.

Pour retrouver l'article sur la gamification/ludification, c'est ici !

  • Valider les pré requis : Poser des questions sur la séance précédente et s'assurer qu'ils ont la capacité de comprendre la nouvelle séance.

Exemple opérationnel : Il ne faut pas hésiter à discuter avec les élèves sur les notions que nous allons aborder, généralement ils ont déjà des connaissances sur les différents sujets. Ce temps d'échange peut être très constructif et donner lieu à la création d'un nuage de mot afin d'avoir un maximum d'informations sur le sujet. Suite à cette première activité, on pourrait leur demander de rédiger la définition d'une notion ou de réfléchir au contenu de la séance à venir. Les rendre acteurs ne pourra qu'augmenter leur engagement.

  • Consignes claires : Ne pas hésiter à utiliser la taxonomie de Bloom révisée pour rédiger des consignes claires permettant la compréhension et l'acquisition des savoirs.

Exemple opérationnel : Des consignes claires permettent plus de précisions dans l'énoncer des objectifs, un plus grand réalisme des actions pédagogiques, de la cohérence et facilite l’appropriation des notions en vue de l’évaluation. Il est essentiel d'être le plus clair et transparent possible afin de ne pas créer de hors sujet ou de frustration qui peuvent parfois conduire un élève à se fermer dans une matière car il pensera ne pas être capable de réussir. Il est important de préciser que les élèves que nous avons sont tous en perpétuelle construction qu'importe leur âge et une mauvaise expérience peut parfois prendre de grande proportion.

Pour retrouver l'article sur la taxonomie de Bloom révisée, c'est ici !

  • Vocabulaire : Il est important d'utiliser un vocabulaire riche avec les élèves pour leur permettre d'apprendre de nouveaux mots et ne pas en fonction des âges ou des profils utiliser un vocabulaire trop simple pour s'assurer la compréhension de tous.

Exemple opérationnel : Nous parlons à des adultes en construction et non des enfants, comme il est conseillé de parler "normalement" à un nouveau né, nous nous devons d'utiliser un vocabulaire varié pour permettre aux élèves de continuer cette construction. Il n'y a rien de pire que de s'abaisser quand le but recherché et l'élévation, l'évolution, l'éducation.

  • Cartes mentales : La création de cartes mentales individuelles ou de groupe sur papier ou numérique permet de faire des liens entre les savoirs.

Exemple opérationnel : L'avantage de la carte mentale est de quitter ce système de prise de note sans hiérarchie qui consiste linéairement à inscrire les informations transmises les unes après les autres. La carte mentale permet de créer un panorama des connaissances, de faire ressortir les liens entre les notions, de créer des hiérarchies visuelles pour faciliter la lecture mais aussi la mémorisation. Il ne faut pas hésiter à donner la possibilité aux élèves de dessiner, d'imprimer des illustrations, de mettre de la couleur pour faire travailler la partie droite et gauche de leur cerveau ce qui augmentera d'autant plus l'assimilation des savoirs transmis.

Pour retrouver l'article sur les cartes mentales, c'est ici !

  • Recherches : Donner la possibilité aux élèves d'être acteur en allant chercher l'information sur un thème donné peut créer de l'engagement et de la motivation.

Exemple opérationnel : Aujourd'hui nous avons accès à beaucoup d'informations en quelques secondes grâce à internet, le plus difficile est de les trouver avec les bons mots clefs, de vérifier les sources pour éviter les "fake news" et de ne pas oublier de citer ses sources quand nous en utilisons pour, comme disait Jesus : "rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ". Travailler avec les élèves sur les notions d'information, de mots clefs, de véracité des informations sont des sujets d'actualité et pourront être traités en parallèle du travail donné. Il est nécessaire aussi de prévoir la restitution soit sous forme de dossier, de présentation oral, de transmission par voie numérique et de donner en amont les modalités d'évaluation, toujours dans un soucis de transparence.

  • Travail collaboratif : Le travail en groupe à le vent en poupe ces dernières années et que ce soit la classe flexible, classe mutuelle, travail en îlot bonifié, tous mettent en avant les nombreux avantages qu'offre la collaboration entre les élèves. Le fait de pouvoir modifier l'espace de la classe et mettre le professeur à côté des élèves et non en face pour permettre un apprentissage par l'expérience, la mise en situation.

Exemple opérationnel : En lycée professionnel, nous travaillons beaucoup sous forme de scénario où chaque membre du groupe à des actions, tâches à effectuer individuellement et d'autres qui seront à réaliser collectivement puis une mise en commun sera nécessaire avant de rendre le travail qui sera évalué individuellement ET collectivement. Il est nécessaire de travailler sur la place de chaque individu dans un groupe d'où l'importance d'avoir une stratégie pédagogique dans la constitution des groupes.

Pour retrouver l'article sur la constitution des groupes, c'est ici !

Pour retrouver les articles sur les différents types de classe, c'est ici !

  • Classe renversée : Redéfinir le cadre, l'élève devient professeur, le professeur devient élève. L'élève devient acteur de la formation et peut même présenter une séance au reste de la classe en préparant des activités et même des évaluations.

Exemple opérationnel : Le fait de redéfinir le cadre et de donner à chaque élève ou groupe d'élève une mission va augmenter l'engagement et la motivation. Il peut être intéressant de demander à chaque groupe de réaliser une partie d'un chapitre et de préparer un exercice ou un QCM sur cette partie (Classe puzzle). Ils devront présenter leur travail et ensuite écouter chaque groupe pour rédiger à terme une synthèse ou une carte mentale sur l'ensemble du chapitre. Cette synthèse devra faire le lien entre les informations transmises par les autres groupes et leur travail car il est important de les rendre acteurs mais aussi de favoriser l'écoute active et l'échange entre les élèves.

Pour retrouver la classe puzzle, c'est ici !

Pour retrouver l'article sur la classe renversée, c'est ici !